AGRICULTURE ALGERIE

samedi 14 novembre 2015

OVINS, SEVRAGE ET ALIMENTATION DES AGNEAUX

Un très bel article pour tous ceux qui sont concernés par l'élevage ovin.
Pâtre 12 mars 2007 à 14h17 | Par Laurence Sagot - Institut de l´Elevage

Acquis techniques - L´alimentation des agneaux est déterminante pour les performances, dès le départ

Si la finition est souvent considérée comme une étape déterminante pour la production d´une carcasse de qualité, le poids de naissance de l´agneau, puis sa croissance sous la mère, restent les facteurs essentiels de réussite. Ces acquis techniques ont été présentés aux Journées techniques ovines*.


Quantités de concentré consommées, poids de carcasse, conformation et état d´engraissement sont les critères qui ont des répercussions économiques les plus importantes. Rattraper des agneaux mal démarrés s´effectue toujours au détriment des résultats économiques.
Au sevrage, tout est joué ! (ou presque)
En relation directe avec l´alimentation des brebis dans le dernier mois de gestation, le poids de naissance de l´agneau a, pour tous les types génétiques, des répercussions sur ses performances. Un écart de 500 g à la naissance se traduit par une variation de la vitesse de croissance de 10 g/j. L´âge à l´abattage est ainsi réduit ou allongé de 5 j. Ces écarts se réduisent de 50 % pour des poids de naissance supérieurs à 4,5 kg.
D´autre part, un kilo d´écart à la naissance se traduit en moyenne par le même écart de poids de carcasse, quelles que soient les pratiques d´alimentation des agneaux.
Au cours des 2 premiers mois de sa vie, l´alimentation lactée constitue l´essentiel de la ration d´un agneau. Sa vitesse de croissance est alors directement liée aux quantités de lait dont il dispose. Aucun aliment, qu´il s´agisse de fourrage ou de concentré, ne peut compenser totalement un manque de lait. Au final, le résultat économique s´en trouve forcément affecté.
Une comparaison entre des agneaux disposant suffisamment de lait maternel (120 kg au cours de l´allaitement) avec d´autres limités (70 kg) a permis de quantifier la diminution des vitesses de croissance liée à un manque de lait.

Par rapport aux agneaux bien alimentés, le gain moyen quotidien des jeunes sous-alimentés est pénalisé de respectivement 150 g et 60 g par jour pour des agneaux âgés de 5 et 12 semaines.
L´apport de concentré sous la mère permet de réduire ces écarts. Cependant, du fait que les niveaux d´ingestion ne deviennent significatifs qu´à partir de 6 semaines d´âge (300 à 500 g par jour), cette technique ne participe que très peu à rattraper les agneaux mal démarrés. D´autant plus que les plus petits agneaux restent en général de piètres consommateurs. On compte de 15 à 25 kg de concentré par agneau pour des sevrages à 65-75 jours.
L´importance du poids au sevrage des agneaux d´herbe finis en bergerie a maintes fois été démontrée. Un écart de 3 kg entre deux lots se traduit par une majoration des quantités de concentré et fourrage consommées de l´ordre de 30 à 40 %, suite à une durée de finition accrue de deux semaines. Les poids et qualités de carcasse sont identiques.
Les écarts observés sur des agneaux nés et élevés en bergerie sont du même ordre.
Aucun aliment, fourrage ou concentré, ne peut compenser un manque de lait. ©J. Diependaele

Après sevrage, des besoins croissants
Les besoins énergétiques de l´agneau augmentent rapidement avec le poids et varient avec leur potentiel de croissance, lui-même fonction de la race et du poids de naissance principalement. L´apport d´énergie préconisé oscille entre 0,7 et 1,5 UFV par jour. Les besoins en azote sont par contre beaucoup plus stables avec de 100 à 110 g de PDI.
L´agneau ajuste son niveau d´ingestion quotidien en concentré sur le niveau énergétique de l´aliment qu´il consomme. Lorsqu´il dispose à volonté d´un aliment dosant 0,9 UFV, ses niveaux d´ingestion varient de 0,8 à 1,8 kg selon son poids. La réduction de l´énergie quotidienne ingérée se traduit dans tous les cas par une baisse des vitesses de croissance. C´est le cas par exemple pour la technique du rationnement, qui permet une meilleure maîtrise de l´état d´engraissement et une amélioration de la qualité du gras. Une réduction de 17 % de l´énergie apportée quotidiennement se traduit par une diminution de 20 % des vitesses de croissance. La consommation totale en concentré ne s´en trouve toutefois pas affectée. En revanche, pour un même poids de carcasse, l´allongement de la durée de finition est de l´ordre de deux à trois semaines et les quantités de fourrages distribuées sont multipliées par deux ou trois.

La consommation s´accroît avec tout aliment basse énergie
L´utilisation des aliments « basse énergie », avec une densité énergétique inférieure de 0,2 UFV par rapport à celle d´un mélange fermier, poursuit les mêmes objectifs. Dans ce cas, on note + 20 % de concentré consommé. Les agneaux compensent ainsi la moindre densité énergétique de l´aliment. Au final, les vitesses de croissance et qualités de carcasse restent comparables. Les quantités de concentré nécessaires par agneau pour sa finition sont par contre très nettement majorées. Le taux optimum d´azote des aliments pour des agneaux en finition est aujourd´hui bien connu. Qu´il se présente sous forme d´aliment complet ou de mélange fermier, il doit osciller entre 15,5 et 17,5 % de MAT par kg brut. En dessous, les vitesses de croissance et indices de consommation sont pénalisés de l´ordre de 10 à 30 %. Au-dessus, aucune amélioration des performances et qualités de carcasse n´a été mesurée dans les nombreux essais réalisés ces dernières années, y compris avec un mode de distribution rationné des aliments.
Pour ces gestantes, le lait fourni au jeune agneau sera déterminant pour sa croissance. ©J. Diependaele

Aliment complet ou mélange fermier ?
Le choix entre les deux types d´aliment dépend avant tout des matières premières présentes sur l´exploitation (céréales, protéagineux) ou de leur prix d´achat. Sans oublier la nécessité de s´équiper. Généralement, le mélange fermier est le plus économique mais il génère des contraintes de travail supplémentaires : il est plus acidogène et nécessite de maîtriser la finition. Toutes les céréales peuvent être utilisées seules (à l´exception de l´avoine) ou en mélange. L´utilisation de plusieurs céréales apporte souvent des contraintes supplémentaires, sans forcément améliorer les performances et qualités de carcasse. Toutefois, dans des rations à base de blé ou de triticale, l´ajout d´une céréale moins fermentescible peut faciliter la digestion et rassurer l´éleveur.
Enfin, rappelons que broyer, aplatir ou concasser ne servent à rien pour la finition. Au contraire, ce traitement mécanique des céréales et protéagineux favorise des défauts de couleur et de fermeté du gras des carcasses qui peuvent entraîner une dévalorisation.
Dans la plupart des rations, la part du fourrage reste relativement modeste, variant de 15 à 25 % selon le type d´agneau et le mode de distribution du concentré.

Son rôle est donc essentiellement de participer au bon état sanitaire de l´animal et de limiter les défauts des gras de la carcasse. Une légère amélioration de l´indice de consommation en concentré a parfois été mesurée avec des fourrages d´excellente qualité, mais l´intérêt économique est limité. L´appétence du fourrage prévaut sur sa valeur alimentaire.
L´utilisation de foin ou paille n´a que très peu d´influence sur les performances des agneaux, leur indice de consommation et les qualités de carcasse. Avec les fourrages de légumineuses, conservés sous forme de foin ou d´enrubannage, une ingestion préférentielle des feuilles conjuguée à leur bonne valeur azotée permet de réduire les apports en correcteurs azotés. Lorsque ces fourrages sont associés à une céréale seule, les indices de consommation du concentré ne sont pas majorés mais les quantités de fourrages distribuées par agneau sont multipliées par 2 ou 3 par rapport à une ration composée de foin de graminées et de mélange fermier. Conséquence d´une diminution des vitesses de croissance de l´ordre de 25 %, la durée de finition des agneaux est allongée de 2 à 3 semaines, sans détérioration toutefois des qualités de carcasse.

* qui se sont déroulées à Carmejane (04) en novembre dernier.
 

La couverture de la revue Pâtre n°628 | Novembre 2015
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ALGERIE: TRAITEMENT DE LA PAILLE A L'UREE POUR LES OVINS


     
 

 Un très bel article sur les possibilités de traitement des pailles à l'urée.

Effet du traitement de la paille à l’urée sur les paramètres zootechniques des brebis gravides et allaitantes

I Chachoua, T Meziane et K Habta

Institut des Sciences Vétérinaires et des Sciences Agronomiques-Université de Batna 05000 Algérie. ilgrabsi@yahoo.fr

Livestock Research for Rural Developpement 26 (8) 2014

Résumé

Les effets du traitement de la paille d’orge avec 7% d’urée sur la quantité de matière sèche volontairement ingérée, le poids à la naissance, la production laitière et la croissance ont été étudiés pendant la gestation et après agnelage jusqu’au sevrage chez des brebis multipares de race Ouled Djellal.
 
Les résultats ont montré que le traitement de la paille a permis durant la gestation  une augmentation moyenne de la matière sèche volontairement ingérée de l’ordre de 30 % .L’effet a également été significativement  marqué sur le poids à la naissance des agneaux (4,55kg vs 3,80 kg) soit une augmentation de 20% ; P=0,001, sur le gain de poids (217g vs 187g) soit une augmentation de 16 % ; P= 0,02 et sur la teneur du lait en protéines + 30% ; P= 0,04 et en lactose +20 % ; P=0,02. Cet essai montre que la paille traitée à l’urée et correctement complémentée peut être envisagée chez la brebis gravide et en lactation.
Mots - clés: alimentation, gestation, ingestion, poids de naissance, croissance, production laitière



Effect of straw treated with urea on production parameters of pregnant and lactating Ouled Djellal ewes

Abstract

The effect of barley straw treated with urea 7% on the voluntary dry matter intake, lambing weight, milk production and growth of lambs, was studied during pregnancy and milking phase in the case of Ouled Djellal ewes.
The straw treatment by urea during pregnancy increased by 30% the dry matter intake. Equally, a positive effect was recorded on the birth weight, average weight gain to weaning, the milk protein and lactose content. The responses registered during the experiment confirmed the benefits of feeding ewes during pregnancy and lactation with  straw treated with urea.
Key words: birth weight, growth, milk production


Introduction

En Algérie, l’alimentation des ruminants repose sur l’utilisation de fourrages de qualité inférieure, souvent riches en fibres. Dans ce contexte, les pailles de céréales sont présentes durant toute l’année dans la ration alimentaire de base et sont considérées comme fourrage. A titre indicatif, en 2013 la production moyenne de paille a été estimée à près de 6 millions de tonnes (M A 2013).
 
Malheureusement, cette ressource alimentaire est caractérisée par des niveaux bas  en énergie et en protéines. Le recours à un système alimentaire basé sur l’utilisation de la paille traitée à l’urée constitue une voie d’amélioration de la valeur alimentaire. Toutefois, si les recherches sur l’utilisation par les ovins des pailles traitées aux alcalis sont assez nombreuses (Chermiti et al 1989, Koriz et Boukedjar1991, Yahiaoui 1992,  Zazoua et Boulkeroua 1992, Haned et Belghirtar 1993, Chermiti 1994, Houmani 1998, Yakhlef 2003) ces dernières ont été focalisées sur la composition chimique et les performances de croissances. Les effets du traitement de la paille à l’urée (7%) sur l’ingestion de la matière sèche, le poids à la naissance, le gain de poids moyen et la production laitière ont été étudiés depuis la gestation jusqu’au sevrage, chez deux lots de brebis multipares, nourris à partir d’une ration de base composée de paille traitée ou non à l’urée, distribuée à volonté et complémentée avec du concentré.


Matériel et méthodes

Aliments

Une paille d’orge traitée ou non à l’urée a été distribuée à volonté à deux lots de 50 brebis pendant la gestation et la lactation. Pour répondre aux besoins variables des animaux aux différents stades physiologiques ,un concentré ovin composé majoritairement  de 80% d’orge ,10% de son de blé,7% de tourteau de soja et 3% de minéraux a été offert  en quantités croissantes à raison de 200,300,400 et 500g pour le lot témoin et 100, 200,300 et 400g pour le lot paille traitée respectivement durant les trois premiers mois ,4ème et 5ème mois de gestation et pendant la lactation. Parallèlement, des pierres à lécher (en bloc) ont été mises en permanence à la disposition des animaux (S : 580 mg/kg, Zn : 480 mg/kg, Fe : 300 mg/kg, Cu : 40 mg/kg et des traces de cobalt, sélénium et d’iode).
 
Le traitement de la paille à l’urée a été réalisé en meule sans addition d’uréase, selon la méthode décrite par Lawrence et al(2000) .Le principe consiste à arroser, avec une solution dosant 7% d’urée alimentaire, une couche de paille sur deux ; l’opération achevée, la meule est fermée hermétiquement. La durée de confinement est de 21 jours à une température de 26 degrés C ; la paille est stockée sous un hangar en vue de son utilisation. La composition chimique des pailles utilisées et du concentré est consignée dans le tableau 1. 

Tableau 1. Composition chimique des deux rations
 
Paille traitée
Paille non traitée
Concentré
Matière sèche, %
94,0 ± 2,87
88,6 ± 1,95
95,69
% MS
Matière minérale
2,59 ± 0,28
2,13 ± 0,04
1,86 ± 0,57
Matière organique
95,2 ± 3,31
96,9 ± 1,27
98,1 ± 0,57
Matière azotée totale
3,45 ± 0,31
14,4 ± 1,01
11,9 ± 0,36
NDF
88,4 ± 0,76
83,2 ± 13,20
54,0 ± 4,93
ADF
49,6 ± 0,75
45,4 ± 0,66
28,8 ± 0,97
ADL
7,13 ± 0,66
6,18 ± 0,66
1,14 ± 0,64
Calcium (g/kg MS)
0,91±0.04
0,94 ± 0,08
0,43±0,57
Phosphore (g/kg MS)
0,78±0,04
0,76±0,03
5,02±0,37

Animaux
Cinquante brebis gravides ayant une portée simple (diagnostic par échographie 45 jours après la lutte), préalablement synchronisées ont été choisies sur le critère du poids vif et de la parité, âgées de 4 ans et pesant en moyenne 57±3,7 kg, au sein d’un troupeau de 363 têtes de race locale Ouled Djellal de la ferme expérimentale de l’Institut Technique des Elevages d’Ain m’lila, à 43 km au sud de Constantine, Algérie.
Les animaux ont été répartis dans deux lots de 25 brebis et adaptés aux deux régimes pendant 15 jours.
Les effets du traitement à l’urée sur les quantités de matières sèches volontairement ingérées ont été étudiés au cours du premier tiers de gestation, cinquième mois et 90 jours après la mise bas. Les réponses des brebis des deux lots ont été appréciées au niveau du poids à la naissance des agneaux, de la production laitière et de la croissance pondérale. A la naissance le poids des agneaux a été noté avec une balance de précision (Sartorius 0,5 g d’erreur), des pesées hebdomadaires ont été réalisées jusqu'à l’âge de 90 jours pour étudier la croissance pondérale des agneaux des deux lots. 
Méthodes analytiques
Les quantités de matières sèches volontairement ingérées ont été mesurées chez les brebis des deux lots en début, au dernier mois de gestation, deux semaines après la mise bas et 12 semaines après. Les teneurs des aliments en matière sèche, en matière minérale, en cellulose brute et en matière azotée totale ont été déterminés à l’aide des méthodes officielles de l’AOAC (1990) ; les composés pariétaux par la méthode de Van Soest (1967). La qualité du lait a été appréciée par le dosage des quantités de protéines, de lactose, de matière grasse et des extrait secs au début, au pic de la lactation et neuf semaines après, à partir d’échantillons de lait frais, à l’aide d’un appareil de mesure de terrain de type Eco Milk. Les échantillons de lait ont été homogénéisés par agitation puis une quantité suffisante a été versée dans le bécher de l’appareil qui contient une électrode de lecture spécifique. Une fois stabilisé, les résultats sont affichés sur l’écran de l’appareil. La production laitière a été estimée à la quatrième semaine pendant trois jours consécutifs, reposant sur la différence de poids des agneaux avant et après tétée Une balance d’une portée de 25 kg a servi pour les pesées. La veille de l’estimation, les agneaux ont été séparés de leurs mères. Le lendemain, avant de les relâcher pour vider la mamelle, leurs poids vifs ont été notés à jeun et après tétée. Aussitôt, une autre séparation a été pratiquée pour une deuxième estimation. Pour l’ensemble des brebis, la production laitière a été estimée à partir de la moyenne des productions des trois jours.
Analyse statistique
L’analyse de la variance, suivie du test de Newman et Keuls au seuil de signification de 5% était l’outil statistique utilisé pour la comparaison des moyennes des différents paramètres étudiés.


Résultats

Les résultats de la matière sèche volontairement ingérée, du poids à la naissance, du gain de poids et de la production laitière sont enregistrés sur les tableaux 2, 3, 4 et 5 respectivement. 

Tableau 2. Effet du traitement de la paille sur la matière sèche volontairement ingérée (g MS/kgP0,75)
 
Témoin
Expérimental
SEM
p
Début gestation
54,2b
62,4a
2,6
0,02
Fin gestation
31,6b
51,7a
4,0
<0,001
2 semaines après mise bas
44,2b
53,5a
1,55
<0,001
12 semaines après mise bas
52,2b
60,4a
1,36
0,02
(a, b) : les moyennes affectées de lettres différentes dans une même lignes sont significativement différentes au seuil de signification de 5%. SEM : erreur standard
Par rapport au témoin, les résultats de la matière sèche ingérée (Tableau 2) montrent que quel que soit le stade physiologique, l’effet du traitement à l’urée a été significatif sur la matière sèche volontairement ingérée. L’accroissement de la consommation de la paille était estimé à 15% ,60%, 20% et 16% respectivement au début, fin de gestation, deux et douze semaines après mise bas.

Tableau 3. Résultats des poids à la naissance (kg) et du gain de poids moyen quotidien (g) des agneaux des deux lots
 
Témoin
Expérimental
SEM
p
Poids à la naissance (kg)
3,80b
4,55a
0,10
0,001
Poids à 90 jours (kg)
19,6b
22,8a
0,41
0,04
 Gain de poids moyen quotidien (g/j)
187b
217a
9,77
0,02
(a, b) : les moyennes affectées de lettres différentes dans une même lignes sont significativement différentes au seuil de signification de 5%. SEM : erreur standard.
Les résultats du poids à la naissance des agneaux nés de mères alimentées à base de paille traitée sont significativement supérieurs (+20%). A l’âge de 12 semaines  le lot expérimental se distingue par une croissance significativement plus élevée, puisqu’il enregistre un gain moyen quotidien autour de 217 g/jour contre 187 g/jour soit un accroissement de +16%, P= 0,02.

Tableau 4. Effet de la paille traitée à l’urée sur la production laitière et la composition du lait
Paramètre du lait
Lot témoin
Lot expérimental
SEM
p
Quantité (kg/brebis/j)
1,04
1,13
0,12
0,64
Matière grasse (g/l)
8,66
8,80
0,13
0,39
Protéines (g/l)
4,48b
5,81a
0,50
0,04
Lactose (g/l)
2,98b
3,59a
0,10
0,02
Extraits secs (g/l)
11,8b
13,3a
0,39
0,02
(a, b) : les moyennes affectées de lettres différentes dans une même lignes sont significativement différentes au seuil de signification de 5%. SEM : erreur standard.
Les résultats de la production laitière et la composition du lait montrent qu’il n’ya pas de modifications significatives entre la quantité de lait produite et la matière grasse .Cependant, on note un accroissement significatif de la teneur du lait en protéine (+30% ; P= 0,04) et en lactose (+20% ; P= 0,02) et en extraits secs (+13% ; P= 0,02).


Discussion

Matière sèche ingérée
Les quantités moyennes de matière sèche traitée volontairement ingérées, passent de 62,4   en début gestation à 51,7 en fin gestation et à 53,5 g MS /kg P0,75 après mise bas ; lorsque les quantités de concentré sont 200, 300 et 400 g/jour. Cette tendance à la baisse est en accord avec les observations faites par Hadjpleris et Holmes (1966); Theriez et Molenat (1975) et Yahiaoui (1992). Elle s’expliquerait selon Forbes (1970) par une limitation de l’appétit d’ordre physique à cause de la compression du rumen par l’utérus gravide et d’ordre métabolique sous l’effet de l'accroissement du taux d’œstrogènes plasmatiques au fur et à mesure que la gestation avance. Néanmoins, nos résultats ne concordent pas avec ceux de Guessous et Rihani (1993) qui rapportent des quantités ingérées de 48,3 et 54,8 g MS/kg P0,75en début et fin de gestation. Chez des agnelles de race Ouled Djellal alimentées à base de paille traitée à l’urée, Nait Athmane (1999) et Allouache (2008) avaient observé une ingestion de 51,3 et 53 g MS/kg.P0, 75 respectivement. L’ingestion moyenne de matière sèche de paille traitée durant la période de gestation estimée à 57g MS/kg P0,75 est inférieure à la moyenne de 63 g rapportée par Yahiaoui (1992) et Chermiti (1994) respectivement pour des pailles traitées à l’ammoniac. Il semble ainsi que la matière sèche volontairement ingérée est en relation avec la nature du traitement. Par ailleurs, avec des races performantes (brebis Mérinos d’Arles pleines), Chermiti et al (1989) avaient rapporté des quantités de matières sèches volontairement ingérées limitées à 51,3 g. 
Poids de naissance et gain de poids
Comparativement aux poids à la naissance de 3 kg enregistrés par Yakhlef et Triki (2007) chez des multipares de race Ouled Djellal, soumises à des conditions expérimentales similaires, les agneaux de la présente étude paraissent plus performants. Cette performance serait favorable et déterminante pour la croissance pondérale. En effet, d’après Sagot (2007), un écart de 500g à la naissance se traduit par une variation de la vitesse de croissance, alors que 1 kg d’écart se traduit par une dégradation importante de la carcasse, quelles que soient les pratiques d’alimentation.
Bien plus, il est établi qu’en relation directe avec l’alimentation des mères durant le dernier mois de gestation, le poids de naissance a pour tous les types génétiques et toutes les espèces animales, des répercussions sur la production laitière, la croissance et le poids au sevrage (Sagot 2007). Le poids à la naissance a été partiellement derrière les résultats du poids réalisé à l’âge de 90 jours. En effet le poids moyen à 90 jours est plus élevé en paille traitée. Cette performance est nettement supérieure à celles obtenues par Nait Athmane (1999) chez des primipares Ouled Djellal (10,54 kg). Cependant, elle est comparable aux moyennes enregistrées à 90 jours par Kerba (1974) ; Turries (1976) et Saidene (1977) qui avaient rapporté des poids moyens de 20,9 ; 25,8 et 26,5 kg respectivement. Les poids des agneaux observés à 90 jours dans le cadre de cet essai correspondent bien au potentiel de la race Ouled Djellal décrit par Arbouche (1978). 
Production laitière et croissance des agneaux 
Quoique non significative, la production laitière observée chez les brebis alimentées à la paille traitée est légèrement supérieure et se compare cependant avec les valeurs de 1,17 kg (Krid1985) et 1,23 kg (Benkaidali 1989) observées antérieurement chez des brebis multipares soumises à des conditions expérimentales proches. En revanche, des niveaux de production laitière inférieurs autour de 0,8 ont été rapportés par Mahmoudi et Dakiche (1996) et Kouache (1997), respectivement chez des primipares et des multipares recevant de la paille traitée à l’urée. Parallèlement, l’effet du traitement a été ressenti significativement par la production d’un lait plus riche en protéines, en lactose et en extraits secs .Cette amélioration semble être motivée par les effets conjugués du passage de la teneur en azote de la paille traitée de 3,45 à 14,37 % et notamment de la diminution du taux d’NDF (- 5,6 %) dans la paille traitée. Les conséquences de cette amélioration sont justifiées par le gain de poids observé chez les agneaux du lot expérimental. A priori, l’effet du traitement à l’urée sur la digestibilité décrit par Yakhlef (2003) plaide pour l’amélioration de la qualité du lait et la croissance des agneaux. En effet, d’après Morand-Fehr (1981) cité par Ouachem et al (2012) tout comme chez la vache et la chèvre, le taux protéique du lait de brebis est étroitement lié au niveau d’alimentation et surtout à la digestibilité.


Conclusion

  • Les résultats de la présente étude, confirment l’amélioration de la valeur alimentaire des pailles traitées rapportée par différents auteurs et mettent en évidence l’intérêt du traitement à l’urée durant la gestation et la lactation sur la matière sèche volontairement ingérée, le poids à la naissance, la qualité du lait et le poids au sevrage chez la race Ouled Djellal. En outre, cette réponse positive mérite d’être prise en compte dans les conditions alimentaires difficiles. D’autres investigations sont cependant nécessaires pour valider ces résultats.  


Références bibliographiques

Allouache N 2008 Etude comparée des performances de croissance d’agnelles de race Ouled Djellal alimentées à base de foin de luzerne ou de paille traitée à l’urée .Etude de quelques paramètres plasmatiques (urée, protéines, créatinine et transaminases) .Mémoire de Magister, INA. El Harrach , Alger, 103 p.
AOAC 1990 Official Methods of Analysis of the Association of Official Analytical Chemistry.15th Edition Washington, D.C, U.S.A.
Arbouche F 1978 La race ovine D’men, monographie de son élevage en zone saharienne II : Analyse comparative de quelques paramètres zootechniques entre la race ovine D’men et la race ovine Ouled Djellal .Mémoire d’ingénieur agronome, INA. El Harrach, Alger, 84p.
Benkaidali A 1989 Indice de l’allaitement sur la croissance des agneaux en milieu steppique Ksar Chellala. Mémoire d’ingénieur agronome, INA. El Harrach, Alger ,151p
Chermiti A, Nefzaoui A et Cordesse R 1989 Paramètres d’uréolyse et digestibilité de la paille traitée à l’urée .Annales Zootechnie, 38, 63-72 p.
Chermiti A 1994 Développement du système d’alimentation des ovins à base de paille traitée à l’ammoniac dans les conditions subméditerranéennes. Option méditerranéenne, CIHAAM. 
F AO 2003 Annuaire FAO de la production 2003, www.fao.org/catalog/inter
Forbes J M 1970 The voluntary food intake of pregnant ewes .Journal Animal Science, 31 , 1-11p.
Guessous F et Rihani N 1993 Utilisation des pailles dans l’alimentation des ruminants dans les pays de la zone méditerranéenne, rapport de recherche sur les pailles, IAV. Hassen II , Maroc ,18 p.
Hadjpleris G et Holmes W 1966 Studies on food intake and feed utilization by sheep. I: The voluntary intake of dry pregnant and lacting ewes .Journ of Agriculture. Comb, 94, 563-573 p.
Haned N et Belghitar M 1993 Bilan zootechnique de trois années d’essais sur les agnelles et les brebis menées en bergerie intégrale et consommant de la paille traitée (à l’urée ou à l’ammoniac) ou non. Mémoire d’ingénieur agronome, INA. El Harrach, Alger, 103 p.
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Kouache B 1997 Utilisation des chaumes et des pailles de céréales dans l’alimentation des brebis en phase de gestation et d’allaitement et influence sur la croissance des agneaux. Mémoire de Magister, Université de Blida, Algérie, 88 p.
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Krid M 1985 Contribution à l’étude de la race ovine arabe Ouled Djellal. Mémoire d’ingénieur agronome, INA. El Harrach, Alger ,53 p.
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Yakhlef H 2003 Approche systémique pour l’analyse du rôle la paille traitée à l’urée ou à l’ammoniac dans l’amélioration des systèmes alimentaire des ovins. Thèse de Doctorat, INA. El Harrach,  Alger, 103 p.
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Zazoua M  et Boulkeroua H 1991 Performance zootechnique comparée de brebis de race OuledDjellal en bergerie et recevant des rations  à base de paille traitée (à l’ammoniac ou à l’urée) ou non. 1er cycle de reproduction avec synchronisation des chaleurs. Mémoire d’ingénieur agronome, INA. El Harrach, Alger, 50 p.  

Received 2 July 2014; Accepted 9 July 2014; Published 1 August 2014
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vendredi 13 novembre 2015

FERROUKHI, A PROPOS DES 400 INGENIEURS DE L'OAIC.

FERROUKHI, A PROPOS DES 400 INGENIEURS DE L'OAIC.
Djamel BELAID Novembre 2015
Le ministre de l'Agriculture a récemment évoqué l'OAIC et les 400 ingénieurs travaillant au sein de cet office. Younès Djama du quotidien Le Soir rapporte les propos du Ministre, «L’OAIC (Office algérien interprofessionnel des céréales) dispose aujourd’hui de 400 ingénieurs dans les différentes coopératives et exclusivement versés dans le volet lié à la production céréalière. C’est vrai qu’il en faudrait 4 000, mais je ne suis pas sûr aujourd’hui qu’avec la méthode actuelle que ces 400 ingénieurs soient utilisés à 100% de leur potentiel»

OAIC, LE PILIER DE LA STRATEGIE CEREALES EN ALGERIE
Tout d'abord, il s'agit de noter le rôle de l'OAIC dans le développement de la production céréalière. On peut par exemple évoquer les efforts de l'OAIC afin de fournir aux céréaliers des semences certifiées. Les progrès dans la filière sont donc constants. Le mérite en revient bien sûr aux agriculteurs, services agricoles mais également à l'OAIC. Ses dirigeants, ses cadres, ses ouvriers sont à féliciter. Cependant, le contexte économique demande plus à cet office. La demande nationale en céréales augmente alors que la rente pétrolière chute. La question de Mr le Ministre est donc légitime : comment optimaliser la fonction des 400 ingénieurs de l'Office ?

DE NOUVELLES ATTENTES
L'OAIC étant chargé de la collecte des céréales et de l'approvisionnements en intrants des céréaliers on peut se demander quel rôle accru cet organisme peut apporter au secteur.

Dans sa forme actuelle, cet organisme ne peut répondre aux attentes actuelle des céréaliers. En effet, les CCLS sont marquées par le « dirigisme administratif » alors que le développement agricole nécessite la participation des premiers concernés. Afin d'augmenter la production nationale de céréales, il s'agit de préserver la marge économique des céréalier. Si celle-ci passe par l'augmentation des rendements, elle peut passer également par plus d'intégration verticale. Les céréaliers DZ devraient pouvoir par exemple tirer profit de la transformation première de leur produit (meunerie et semoulerie). Ils devraient avoir la possibilité d'écrase leurs grains et de recevoir les compensations étatiques que reçoivent toute unité de transformation. C'est là une première piste.

A COTE DE L'OAIC ENCOURAGER DE VRAIES COOPERATIVES DE FELLAHA
On peut se demlander comment arriver à un tel objectif. Nous n'n voyons qu'un : que les céréaliers se rassemblent en groupements de producteurs et installent un moulin (ou en rachète). Une fois les marges liées à la première transformation récupérée, on peut penser que les sociétaires seraient intéressés par poursuivre leur action par des achats groupés d'engrais et produits phytosanitaires puis par le recrutement de techniciens et d'ingénieurs afin de faire de l'appui technique de terrain. L'ordre de ces opérations pouvant être différent selon les conditions locales et le dynamisme des céréaliers présent dans un secteur.

REFORMER LES CCLS DE L'OAIC ?
L'OAIC et les CCLS ont actuellement un rôle capital. On imagine ce que pourrait être en Algérie, le commerce du grain entre des mains cupides... Afin d'éviter toute explosion sociale, les autorités tiennent à avoir la main mise sur le commerce diu grain. Cette intention est louable. Mais, il s'agit d'insufler un vent nouveau, un vent d'efficacité maximale, un vent où domin,e la notion de « obligation de résultas ». L'une des voies est donc l'autorisation de la création de vraies coopératives céréalières comme il en existe à l'étranger et notamment en France.
Une autre voie serait de progressivement transformer les CCLS en coopératives appartenant aux paysans, par rachat du capital social. Ce rachat peut se faire par prélèvement d'une dizaine de DA sur les 4500 DA attribués par quintal de blé dur ramené aux silos des CCLS. Et bien sur par le recrutement d'un directeur par les élus paysans de la coopérative. On se doute qu'une telle transformation ne peut être que progressive ; pourtant elle est nécessaire. Cela implique de former des cadres paysans et de les accompagner dans leurs missions.

COMMENT CES 400 INGENIEURS PEUVENT-ILS ETRE PLUS EFFICACES ?
Nul doute que ces 400 ingénieurs sont pleinement employés. Si certains souhaitent agir encore plus sur leur environnement, la démarche de réseau qualité blé initié par le Groupe Benamor ainsi que d'autres collectifs (semoulerie, cadres, agriculteurs, …) mérite d'être développée. L'enregistrement de performance sur un ecentaine de parcelles et leur abnalyse staistique est un moyen puissant d'avancer techniquement. En effet, en examinant l'itinéraire technique des 10% des meilleurs parcelles, on peut arriver à une série de préconisations techniques adaptées au contexte d'un secteur géographiqiue. Et cela, sans la mise en place d'essais agronomiques longs et coûteux en temps et argent.

Un autre moyen est une politique d'allotement et de stockage à la ferme afin d'améliorer la qualité des blés livrés aux transformateurs et dont le taux de protéine.

Enfin, dans le domaine de la motoculture, les ingénieurs des CCLS peuvent axer leur efforts sur l'achat de semoirs pour semis direct. Ce système de semis est garant de meilleures marges à l'hectare du fait de la réduction des coûts de mécanisation et de la régularité des rendements notamment en année sèche.

Ce n'est qu'ainsi que les 400 ingénieurs de l'OAIC seront utilisés à « 100% de leur potentiel ».





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